Votre panier est vide  Votre compte

première guerre

1914 – 1917. Oui, mais avec un autre regard

1er cover 1914 1917 web

1914 – 1917. Oui, mais avec un autre regard

Normalement (dès que l’on emploie le mot « normalement » on sent pointer l’exception), À Contresens n’avait pas prévu de publier d’ouvrages relatifs à la première guerre mondiale, sans doute pour échapper à l’effet de mode ; les rayons des libraires se remplissent de livres de ce genre, dans une démarche commerciale évidente.

Oui, mais. Oui, mais il y a quelques mois arrive Pierre, avec une collection de 43 cartes postales de l’aquarelliste allemand Emil Beithan, artiste dont la spécialité au début du siècle consistait à représenter des enfants en tenue folklorique et, au fil de la guerre, en habits de soldat. Et puis avec cette collection, Pierre apporte une idée, un texte qui aurait pu être écrit par un soldat allemand. Moi, cette idée me plaît, parce qu’elle va à contresens, c'est-à-dire dans le bon sens, celui de l’espace laissé au regard de l’autre, notre ennemi d’avant.

Alors, nous voilà partis à réfléchir, on en discute avec Françoise, on phosphore et puisque Pierre connaît bien les faits et les lieux des batailles dans la région, l’ouvrage devient un carnet, rédigé par un brancardier allemand blessé et hospitalisé à Laon. Ce carnet retrace le vécu, au sens du ressenti, des 3 premières années de guerre et est ponctué, chronologiquement, par les cartes postales d’Emil Beithan que l’épouse du brancardier lui aurait envoyées une à une.

Là-dessus arrive le talent du metteur en scène, Françoise. On la laisse faire et elle va rechercher les détails, le format, les couleurs, la typographie, créer, inventer, mettre en forme, faire en sorte que le livre soit déjà, avant d’en tourner les pages, un très bel objet, une création d’artiste. Pierre nous prête même des cartes originales que l’on fait parvenir à l’imprimeur pour que la colorimétrie soit la plus fidèle possible aux originaux.

Et le tour est joué, on a un véritable ouvrage « à contresens » qui met l’accent sur le ressenti de l’autre, la souffrance, l’inutilité, la connerie humaine, l’évidence que ce sont toujours les mêmes qui trinquent, Allemands ou Français, et j’adore ça !

1914 1914popur newsletter 1