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Pierre

L'oubliée de Monterfil

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L’Oubliée de Monterfil

C’est la première parution de l’année, un roman de Pierre Commeine à qui nous devions déjà 1914 – 1917 Autres regards. Un roman étonnant inspiré de faits dramatiques réels qui se sont déroulés à Monterfil en Bretagne en août 1944. Étonnant parce qu’au cours de sa conception la réalité a rejoint plusieurs fois la fiction. Des faits, des rencontres inattendues, des chemins qui se croisent et des coïncidences ont ainsi surgi jusque dans la vie privée de l’auteur.

Vous vous en doutez, l’œuvre n’en est que plus émouvante. Pierre a su, à partir d’un drame demeuré caché pendant 70 ans – d’où le titre – donner aux faits cet éclairage si particulier qui leur confère une dimension humaine, intime. Secret d’écrivain, secret de l’homme passionné par ce qu’il crée et ceci pour notre plus grande joie de lecteur. Je vous laisse donc, comme je l’ai été avec beaucoup d’émotion ces derniers mois, sur le chemin de L’Oubliée de Monterfil

Joël

 

 

1914 – 1917. Oui, mais avec un autre regard

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1914 – 1917. Oui, mais avec un autre regard

Normalement (dès que l’on emploie le mot « normalement » on sent pointer l’exception), À Contresens n’avait pas prévu de publier d’ouvrages relatifs à la première guerre mondiale, sans doute pour échapper à l’effet de mode ; les rayons des libraires se remplissent de livres de ce genre, dans une démarche commerciale évidente.

Oui, mais. Oui, mais il y a quelques mois arrive Pierre, avec une collection de 43 cartes postales de l’aquarelliste allemand Emil Beithan, artiste dont la spécialité au début du siècle consistait à représenter des enfants en tenue folklorique et, au fil de la guerre, en habits de soldat. Et puis avec cette collection, Pierre apporte une idée, un texte qui aurait pu être écrit par un soldat allemand. Moi, cette idée me plaît, parce qu’elle va à contresens, c'est-à-dire dans le bon sens, celui de l’espace laissé au regard de l’autre, notre ennemi d’avant.

Alors, nous voilà partis à réfléchir, on en discute avec Françoise, on phosphore et puisque Pierre connaît bien les faits et les lieux des batailles dans la région, l’ouvrage devient un carnet, rédigé par un brancardier allemand blessé et hospitalisé à Laon. Ce carnet retrace le vécu, au sens du ressenti, des 3 premières années de guerre et est ponctué, chronologiquement, par les cartes postales d’Emil Beithan que l’épouse du brancardier lui aurait envoyées une à une.

Là-dessus arrive le talent du metteur en scène, Françoise. On la laisse faire et elle va rechercher les détails, le format, les couleurs, la typographie, créer, inventer, mettre en forme, faire en sorte que le livre soit déjà, avant d’en tourner les pages, un très bel objet, une création d’artiste. Pierre nous prête même des cartes originales que l’on fait parvenir à l’imprimeur pour que la colorimétrie soit la plus fidèle possible aux originaux.

Et le tour est joué, on a un véritable ouvrage « à contresens » qui met l’accent sur le ressenti de l’autre, la souffrance, l’inutilité, la connerie humaine, l’évidence que ce sont toujours les mêmes qui trinquent, Allemands ou Français, et j’adore ça !

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