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Édition ou jungle !

Il y a tant de formules d’édition différentes que je ne sais par laquelle commencer. Édition à compte d’éditeur, à compte d’auteur, participative… Faisons le point ! 

L’édition est dite à compte d’éditeur quand l’éditeur puise dans ses propres fonds pour régler tous les frais liés à la publication d’un ouvrage, en particulier son impression. Il convient bien entendu d’ajouter les frais de mise au point, de correction, de création d’illustrations et bien entendu tous les frais de fonctionnement de la maison d’édition.
On parle d’édition à compte d’auteur quand l’éditeur demande à l’auteur une somme d’argent (généralement élevée) pour éditer un ouvrage. Cette somme d’argent permet de couvrir tous les frais d’impression et autres.
Et l’édition participative ? C’est selon. Souvent un peu des deux (c’est surtout ce que croit l’auteur), avec des règles imprécises, des contrats flous et des déceptions au rendez-vous.

Nous verrons ces différentes possibilités, mais j’ai d’abord envie de vous parler aujourd’hui de la « Belle Édition ». Édition à compte d’éditeur bien entendu, mais « belle », c'est-à-dire celle qui réunit l’auteur – cet être fragile et isolé dont nous avons évoqué la trajectoire précédemment – et l’éditeur, pour œuvrer dans une même direction. L’auteur offre alors le diamant brut qu’est son manuscrit (tapuscrit dit-on à présent, mais j’aime le mot manuscrit, c’est comme ça) à un éditeur qui devra le tailler, le polir, sans en altérer aucune de ses qualités. Au contraire il s’agira, en toute complicité avec l’auteur,! de lui donner un éclat plus profond, plus vif encore.

Approches psychologique et humaine délicates, puisqu’au fond, un manuscrit est un bébé. Imaginez la tête d’une jeune maman si vous vous rendiez à la maternité, regardiez son bébé sous toutes les coutures (oui, je sais les bébés ne sont pas cousus) et disiez : « c’est pas mal, mais… » Et comme chaque auteur écrit le plus beau livre du monde, c’est compliqué. Compliqué mais pas impossible si au-delà des considérations de structure, de style, des phrases que l’on trouve hors sujet, etc, on y met un ingrédient essentiel : l’amour des mots, des idées, de la littérature, de la chose écrite et de l’être humain qui est derrière tout ça.

C’est le seul secret : l’amour du travail bien fait. Alors, une vraie complicité voit le jour entre celui qui crée, mais qui peut difficilement se mettre à la place de celui qui découvrira son texte, et celui qui tient le rôle du premier lecteur. Alors s’ensuivent des mois d’échanges, de réflexion, d’émerveillement, de découragement parfois, puis de reprise de confiance, d’impatience, d’espoir. Alors l’existence ne ronronne plus, tout converge dans une seule direction et l’on sait bien, auteur et éditeur, que même si on fait semblant, on est ailleurs…