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Billets 2013

La chaîne du livre ? Bof !!!

La chaîne du livre est constituée des maillons créatifs et économiques nécessaires à la création et à la commercialisation des livres, soit, de façon synthétique et dans l’ordre : auteur, éditeur, imprimeur, diffuseur (distributeur) et libraire.
Le respect de cette chaîne du livre permet, selon les institutions professionnelles, de garantir la survie de chacun des maillons. En effet, si un éditeur décide de vendre des livres au coin de la rue, il spolie le libraire de sa marge, de 30 à 40% en moyenne et évidemment met en péril la profession. Nous sommes donc, nous éditeurs, poussés à diriger nos lecteurs vers leur libraire – même si au final nous y laissons une grande partie de notre bénéfice – et à ne pas favoriser nos sites marchands quand nous en possédons. C’est pourquoi sur le site A Contresens Editions nous avons indiqué les librairies partenaires, c'est-à-dire les libraires chez qui nos livres sont en rayon.
Tout va donc bien dans le meilleur des mondes, oui mais. Oui, mais voici une mésaventure pour le moins décevante :
Lors de la sortie d’Exodes, je me suis donné le challenge de mettre cet ouvrage en place en librairie le plus rapidement possible, c’était il y a trois semaines. Malheureusement, la veille de ma tournée dans une « grande librairie d’une grande ville de Picardie », chahuté par un emploi du temps trop chargé et trop de fatigue, je suis tombé malade, la crève, comme on dit. Très ennuyé, j’ai pourtant trouvé la solution de confier les livres à mon fils, qui passait par là et qui justement habite la « grande ville » en question. Dès le lendemain, il a fait la tournée à ma place, garantissant ainsi la mise en place d’Exodes en rayon. Ouf ! Mon devoir d’éditeur était accompli (Eh oui, je dois aux auteurs de diffuser leurs ouvrages selon les usages de la profession, ça fait partie du contrat d’édition).
Oui, mais. Oui, mais hier je suis allé faire le point auprès de la dite librairie et on m’a indiqué tranquillement qu’à cause d’un surcroît de travail les livres n’étaient pas encore déballés !!!
Je n’ai rien répondu, parce que ça n’en vaut pas la peine. J’aurais pu demander si le dernier Marc Lévy ou le dernier Astérix était déballé quant à lui, mais je n’ai pas osé, de peur de rouvrir mon ulcère, ce qui serait dommage.
Je comprends qu’il y ait beaucoup de travail, que les ouvrages les plus vendeurs intéressent les grosses librairies, mais dans ce cas il faut arrêter de nous rabattre les oreilles avec la chaîne du livre, de nous inciter, nous, petits éditeurs, à respecter une règle qui fait que nous demeurerons inconnus parce que lancés dans une course où nous avons les pieds liés. C’est pourquoi j’écris : « La chaîne du livre ? Bof !!! » Il faut avoir le courage de dire que le livre c’est aussi la jungle et que chacun doit se battre avec ses propres moyens, surtout quand le dernier maillon triche et ne voit égoïstement que son intérêt économique immédiat, faisant fi de la dimension culturelle.

Evidemment, tout ceci n’est pas valable pour les vrais libraires, les petits, ceux qui ont encore plus de travail, mais qui prennent le temps de nous offrir une place dans leurs vitrines de mettre une affiche sur la porte indiquant telle ou telle autre parution. Je veux parler de Ben (Interlignes), à Soissons, du Liseur ou de Toute la presse à Château-Thierry, de la Renaissance à Creil, du Labyrinthe à Amiens et bien d’autres encore, qu’on me pardonne ceux que j’oublie. Ceux-là sont de vrais professionnels, ils lisent les ouvrages, nous disent sans concession ce qu’ils en pensent, ce sont des partenaires précieux qui nous permettent de progresser.
Et ils sont en avance sur leur temps, ils ont compris que le monde qui survivra et donnera demain toute sa dimension au beau métier de libraire n’est pas celui de l’anonymat, de la « vente en gros », mais celui d’un authentique échange, d’une véritable relation humaine.

Exodes

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L’exode. Oui, mais l’exode sous la plume de Claude Mouflard, avec sa façon si particulière de nous entraîner dans son aventure, de faire couler les lignes devant nos yeux, de les habiller d’images si précises, si vivantes qu’on a l’impression d’être assis confortablement devant notre téléviseur et de voyager, nous-mêmes, à l’intérieur de l’écran.

L’exode selon Claude Mouflard, c’est la sortie que nous vous proposons cette semaine. Et puis notons-le, cet exode là est pluriel. Au cœur de la débâcle, notre personnage principal, Marie, rencontre un déserteur. Coup de foudre, coup de folie, coup de vie ! En frappant les trois coups, le rideau se lève pour mettre à jour ce qui était étouffé par la morale judéo-chrétienne de l’époque et la pièce, immobile jusqu’alors, se joue enfin. Rires, passions, drames, liberté surtout, de l’esprit, du corps, liberté d’aimer au moment où le monde semble se cristalliser sous la botte de l’ennemi d’alors…

Encore quelques jours et le livre sera disponible en librairie. Mais d’ici là, vous pouvez nous le commander directement (site, téléphone, mail), nous l’expédions dès le lendemain.