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Billets 2011

Des fruits et des livres

Devant l’étal de fruits exotiques du supermarché, il y a quelques clients blasés derrière leur caddie et aussi une employée qui retire les fruits en voie de pourrissement pour les jeter dans un carton. Ils on été cueillis trop tôt, avant d’acquérir toute leur saveur, et ont attendu trop longtemps la main d’un client qui sait déjà que si c’est presque original de poser des fruits exotiques sur la table du réveillon, ça n’a pas vraiment de goût.

Pour le livre, c’est la même chose. La grande diffusion, armée de ses contrats, met des ouvrages dans tous les points de vente, des ouvrages sortis un peu trop vite et qui n’ont pas vraiment de saveur ou toujours la même, un peu préfabriquée. Au bout de trois mois, si le livre n’est pas vendu, il est réexpédié et détruit, comme un fruit pourri.

Jeter un fruit ou un livre pendant que certains n’ont rien à manger ou à lire, ça me choque. Et puis je m’interroge : qui paie ? Qui paie la fabrication, le transport, la destruction de ces produits qui n’auront servi à rien ? Le lecteur.

À l’heure ou l’augmentation de 1.5% de la TVA déchaîne les passions, il serait peut-être temps de réfléchir et de regarder comment aujourd’hui on peut réellement faire baisser le prix du livre. Mais, évidemment cette question n’intéresse personne puisque le système mis en place par les grands groupes d’édition et de diffusion fonctionne parfaitement. Et puis une société nouvelle, ce n’est jamais pour aujourd’hui, mais toujours pour demain…

À lire en complément de l’article paru dans l'union le 29 décembre.

Caroline et Elisabeth

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La littérature jeunesse fait toujours rêver Alice aux pays des livres

Publié le lundi 07 novembre 2011 à 11H00

On dit que les enfants ne lisent plus. Et pourtant, le livre jeunesse ne s'est jamais aussi bien porté. Et quand Alice rencontre des auteurs, la magie opère.

AVEC un prénom comme celui-là, qui rappelle aussitôt le conte de Lewis Carroll, la visite chez Interlignes était indispensable.
Un peu intimidée, Alice ! Mais, du haut de ses 3 ans, le nez juste au niveau de la pile d'ouvrages à dédicacer, la fillette n'a guère hésité longtemps avant de donner son livre à signer à Caroline Bally, auteur du conte Le Père Noël a trop chaud.
Des lecteurs exigeants
Caroline Bally vit dans la région de Lille, mais a passé beaucoup de temps à Ressons-le-Long lorsqu'elle était enfant. « C'est grâce aux miens que j'ai commencé à écrire pour les enfants», confie l'auteur, en reconnaissant que sa petite tribu est composée de cinq lecteurs exigeants. «Si je vois que mon dernier n'accroche pas, je sais que je dois revoir ma copie», avoue-t-elle.
Aux yeux de Caroline Bally, qui était fan des aventures de Oui-Oui et des écrits de la Comtesse de Ségur, la règle pour séduire le jeune public est à la fois simple et compliquée : « Il faut faire rêver. »
« Il faut savoir les toucher »
C'est également le sentiment d'Élisabeth Sénéchal, qui habite le village axonais de Gercy et publie

Les oiseaux d'Haminâ : « Les enfants ne sont pas blasés. Il faut savoir les toucher. Je n'ai rien à dire aux adultes. »
Pour l'auteur, qui garde de sa jeunesse le souvenir du Club des cinq et de Fifi Brindacier, la littérature pour enfants offre plus le loisir de «s'évader» et de «laisser aller son imagination »
Toutes deux étaient, samedi, présentes à la librairie de la rue de Jaulzy, à l'initiative de leur éditeur Joël Lévêque, créateur, voici quatre ans à Vauxrezis, d'À Contresens Éditions.
Selon Joël Lévêque, qui a été auteur avant de devenir son propre éditeur, la venue d'Élisabeth Sénéchal et Caroline Bally était l'occasion idéale « d'évoquer leur passion, ce qui les pousse à conserver leur âme d'enfant en créant des contes, mais aussi à faire passer un message de fond. Au-delà de l'émerveillement du conte, l'aspect éducatif est bien présent dans les albums de Caroline et Élisabeth. »
Philippe ROBIN

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